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  • Thibaut Hugé
  • Publier le vendredi 20 décembre 2019 à 10:10 - Mis a jour le vendredi 20 décembre 2019 à 10:15

Aquajogging: l’eau en allié du coureur à pied

Blessé, surchargé, jambes lourdes ? L’aquajogging est une excellente arme dans l’arsenal du coureur à pied.

Par Eric Verschueren

Beaucoup en parlent, peu le pratiquent. Pourtant, la pratique de l’aquajogging ne présente que des avantages, que ce soit en mode récupération (massage hydrique des jambes après un effort violent), en mode blessure (vous pouvez courir sur une entorse ou une périostite), voire tout simplement en mode « entraînement croisé » (l’absence de chocs permet d’augmenter sans risque le volume).

Chez nous, Vincent Rousseau, qui a désormais cédé son record de Belgique du marathon à Bashir Abdi, fut un des premiers athlètes connus à sortir cette pratique de l’ombre pour exposer ses bienfaits aux yeux du grand public. « En 1996, je me suis retrouvé blessé deux mois avant le marathon de Londres », s’est-il souvenu pour nous. « Je n’avais pas le choix : je suis passé par l’aquajogging. Cardiaquement, c’était un effort correct. Par contre, musculairement, ce n’était pas top. J’ai souffert le martyr lors de mes sorties de reprise, qui ont eu lieu 3 à 4 semaines avant l’échéance. Le corps se retrouvait à nouveau confronté avec les chocs au sol. J’ai pu finalement prendre la 2e place là-bas, en 2h10.26 (NdlR : derrière le Mexicain Dionicio Ceron. Ce jour-là, le thermomètre monta jusqu’à 21 degrés, ce qui n’empêcha pas notre compatriote de mener durant de longues périodes la course en tête). »

Qui avait initié notre champion à cette pratique ? Sans doute Paula Radcliffe, recordwoman du monde sur marathon entre 2003 et 2019. Celle qui, comme lui, habitait à Font-Romeu, était une adepte de l’aquajogging. C’est entre autres grâce à lui qu’elle avait pu préparer les Jeux de Pékin en ayant une fracture de stress au tibia gauche (elle avait finalement terminé 23e du marathon olympique avec seulement 6 entraînements sur piste ou routes les trois mois précédents).

Chez nous, Fabian Magnée (46 ans), ex-champion de Belgique de trail longue-distance, est un convaincu. Voici 10 ans, alors qu’il souffrait d’une tendinopathie des muscles ischios-jambiers, il a découvert l’aquajogging. Depuis, que ce soit pour l’aspect « récupération » ou l’aspect « revalidation », il a pratiqué à chaque étape de sa carrière, étudiant au plus près tous les aspects de cette pratique sportive. Ses avis et conseils en quatre points :

1. Matériel

« Pour 20 ou 25 euros, vous pouvez trouver une ceinture d’aquajogging dans un magasin de sport spécialisé, voire dans une grande enseigne généraliste. Veillez à bien regarder la concordance de la ceinture avec votre poids. »

2. Lieu

« Choisissez une piscine où la grande profondeur occupe une distance vous permettant d’au moins faire une quinzaine de mètres sans toucher le fond. Sinon, vous risquez de faire d’innombrables allers-retours. Assurez-vous que vous ne gênez pas les nageurs (ligne ou espace dédiés à l’aquajogging). »

3. Types de séances

Ici, Fabian Magnée distingue les séances suivant leur « destination ». « Le tronc commun, c’est un échauffement et un retour au calme que l’on fait en nageant. Ensuite, lorsqu’il s’agit de récupération, je fais généralement une séance d’aquajogging d’une trentaine de minutes en continu avec de légers changements de rythme. Directement après l’effort ou, mieux, le jour d’après. Pour l’entraînement à titre de complément, je fais toujours des séances qualitatives. On peut franchement travailler la VMA. Toujours aux alentours d’une demi-heure en dehors de l’échauffement et du retour au calme. Exemple : 4 séries de 7 fois ‘30-30’ avec une récupération d’une minute entre. Le cardio ne va pas monter comme en course à pied, vous pouvez y aller franchement. Enfin, pour l’aspect ‘rééducation-réathlétisation’, il est intéressant de savoir que l’on peut aller dans l’eau avec la douleur. Vous faites plus ou moins les séances que vous voulez avec un leitmotiv : la douleur conditionne l’effort. Dans un premier temps, vous ne devez pas aller chercher l’amplitude maximale, ce qui pourrait avoir l’effet inverse de celui voulu. Pensez toujours à faire des changements de rythme. »

4. Technique

« Il faut reproduire la gestuelle de la course à pied de la tête aux pieds. Épaules relâchées, doigts vers l’avant, ne pas ‘pagayer’ avec les mains mais plutôt cadencer le mouvement des bras comme vous le faites en temps normal, bras le long du corps. Soyez bien gainés et concentrez-vous sur la poussée de la plante des pieds vers le sol. Pas d’attaque talon car cela va vous faire pencher vers l’arrière. Personnellement, je vous conseille d’avoir quelqu’un qui s’y connaît pour vos débuts, histoire d’être corrigé et de ne pas garder de mauvais gestes. »

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