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  • Thibaut Hugé
  • Publier le vendredi 20 décembre 2019 à 10:13 - Mis a jour le vendredi 20 décembre 2019 à 10:13

Tout ce que vous devez savoir sur le test à l’effort

Nous avons enfilé nos baskets et grimpé sur le tapis pour tester nos aptitudes physiques sous le regard d’un encadrement médical. Décryptage.

Par Thibaut Hugé

Aucun sportif n’ignore l’existence des tests à l’effort mais rares sont ceux qui en ont déjà effectué un. Pourtant, et contrairement à l’image répandue, ce test est loin d’être réservé à l’élite et les bienfaits qu’un coureur, qu’il soit sprinter, marathonien ou trailer, peut en tirer dans la programmation de ses entraînements sont multiples, même si cela représente un investissement financier.

Il y a d’abord l’aspect préventif, le test pouvant révéler une éventuelle anomalie méritant de faire l’objet d’un examen médical plus approfondi. Mais il y a aussi l’aspect performance, avec un ensemble de données révélées qui permettent de structurer et d’améliorer la qualité de ses entraînements. Et donc de progresser.

Pour en savoir plus, nous avons franchi les portes d’Aspis, centre de kinésithérapie et de médecine sportive installé à Woluwe-Saint-Lambert, pour confronter nos quelques années de pratique au verdict du tapis et aux regards attentifs de Cédric Hautrive, médecin du sport, et d’Andréa Braga, préparateur sportif.


Comment ça marche ?

Il faut compter environ 1 h 30 pour l’ensemble du test, analyse des résultats compris. Un test qui est composé de plusieurs étapes, toutes accessibles au plus grand nombre. Pour commencer, un petit détour sur une balance impédancemètre, qui permet d’obtenir votre poids ainsi que le pourcentage de graisse et sa répartition dans votre corps. Des données importantes pour l’interprétation des futurs résultats. Ensuite, place à une spirométrie, soit un test de mesure de votre capacité respiratoire lors duquel il faut souffler à fond et de façon la plus régulière possible dans un embout. Ce qui permettra de déceler un potentiel asthme ou pathologie respiratoire.

Vient alors le plat de résistance avec le test sur tapis (lequel peut être réalisé selon le même processus sur un vélo pour les cyclistes). On vous équipe d’un masque, qui récolte toutes les données. Après un court échauffement, la vitesse est augmentée chaque minute d’un km/h. Aisé au début, l’effort devient petit à petit soutenu, avant de vous emmener vers vos limites lors des derniers paliers. Dans notre cas, les premières foulées ont été faites à 8 km/h pour se terminer à 18, avant une période de récupération. Le test s’adapte cependant au niveau de chacun et peut s’arrêter à tout moment en fonction de son ressenti. Tout au long de la course sur tapis, le docteur, via un prélèvement sur notre index, mesure le taux de lactate dans notre sang, ce qui a pour but de suivre l’évolution de l’utilisation des substrats énergétiques (glucides et lipides) et donc des filières aérobie et anaérobie en fonction de l’intensité de l’effort.

 


Comment interpréter les résultats ?

De ces quelques minutes passées sur un tapis roulant, vous ressortez avec plusieurs feuilles et autres graphiques révélant votre état de forme. Votre fréquence cardiaque maximale, votre VO2max, votre VMA ou vos différents seuils sont, entre autres, couchés sur papier.

Très bien. Reste que, à moins d’avoir des connaissances approfondies en préparation physique, il n’est pas évident d’interpréter spontanément ces données et de s’en servir dans sa pratique. Relâché dans la nature comme cela, on pourrait franchement se sentir démuni malgré que tous ces termes nous soient déjà familiers.

Mais le test va heureusement beaucoup plus loin que le seul effort sur le tapis. Plusieurs minutes sont consacrées afin d’expliquer et vulgariser les résultats. Cela prend même une allure didactique avec la remise d’une feuille où l’on retrouve différents codes couleurs représentant autant de zones d’efforts et de schémas d’entraînement possibles à effectuer en fonction de votre niveau actuel et de votre objectif. Quelle allure lorsque je veux travailler mon endurance fondamentale ? À quelle vitesse effectuer mes 400 mètres sur piste ou quelle distance et quelle intensité pour mes intervalles pour développer mon seuil anaérobie ? Autant d’exemples de questions, qui vont différer selon votre profil et objectif, auxquelles on ressort avec des réponses claires. Et qui, dans les faits, correspondent à l’idée que nous avions de notre état de forme actuel.

 


Quelle différence avec le terrain ?

L’équipement technologique et l’encadrement, c’est rassurant. Reste que des tests, c’est jusqu’ici sur une simple piste d’athlétisme que nous en avions faits. Le plus souvent seul avec notre ceinture cardio et notre montre GPS.

Le test à l’effort tel que nous l’avons réalisé chez Aspis et celui sur le terrain (piste d’athlétisme idéalement), seul ou sous le regard d’un entraîneur, ne sont cependant pas en opposition. « Ils peuvent même être complémentaires », indique le docteur Cédric Hautrive. « Le test sur le terrain va par exemple permettre de confirmer si les entraînements effectués suite à un premier test ont porté leurs fruits. Idéalement, ils viennent en complément à ce que nous proposons. »

Car le test à l’effort réalisé permet en effet d’aller beaucoup plus loin dans l’analyse, avec des données plus précises et bien plus nombreuses qu’après un « simple » test autour d’une piste. Le test VMA sur le terrain, qui correspond généralement à soutenir son effort maximal durant 6 minutes, est par contre bien plus facile à réaliser, mais donnera des indications moins précises (conditions changeantes par exemple) et moins nombreuses, tout en restant un moyen d’obtenir un premier indicateur de son état de forme ou de sa progression dans une optique qualitative, là aussi.

« Loin d’être réservé aux élites »

Docteur Hautrive, à qui conseillez-vous de réaliser ce test à l’effort ?

« À tous les pratiquants. Même à ceux qui débutent. C’est un outil qui est loin d’être uniquement utile aux athlètes élites. Cela permet d’obtenir des réponses aux questions que l’on peut se poser sur sa pratique et également savoir par où commencer en fonction de ses propres données, et non des dires de ceux qui vous entourent. »

On est bien ici dans une approche qualitative de la pratique de la course à pied…?

« Oui, c’est le but recherché dans la structure mise en place chez Aspis. Mais qualitatif ne signifie pas élitisme. Pour ceux qui veulent progresser, et je pense qu’il s’agit de la majorité des coureurs à pied, cela permet d’éviter de faire un peu n’importe quoi ou de se sentir démuni en fournissant des données objectives et bien interprétées, ce dernier point étant très important pour mettre en place un entraînement correctement calibré. »

Quand conseillez-vous d’en faire ?

« C’est un choix qui appartient à chaque coureur. Mais l’idéal est de faire un test à l’effort en début de saison, en début de préparation. Cela permet d’avoir une bonne vision générale de son état de forme. Refaire un test avant de faire du travail spécifique est également recommandé, afin de pointer les zones et allures à travailler et déterminer là il faut faire un effort pour progresser. »

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