Florence Durieu, enceinte de 6 mois portait encore un dossard.

Maman depuis 6 mois, Florence Durieu termine 2e femme au semi de Dour: « Je ne pensais pas que mon corps réagirait comme ça »

Samedi dernier, Florence Durieu a signé une superbe 2e place sur le semi-marathon de Dour. Une performance d’autant plus marquante qu’elle est devenue maman il y a à peine six mois. Entre fatigue, organisation millimétrée et retour progressif à l’entraînement, elle revient sur une période aussi intense que bouleversante.

Florence Durieu, enceinte de 6 mois portait encore un dossard.
Florence Durieu, enceinte de 6 mois portait encore un dossard.

« C’est la plus belle chose qui puisse arriver dans la vie d’une femme. »

Florence Durieu

Comment avez-vous vécu cette 2e place à Dour ?

« Franchement, je ne pensais pas réagir comme ça en post-partum. J’étais enceinte en janvier 2025 et j’ai continué à courir jusqu’à l’accouchement, environ 60 km par semaine, avec l’accord de mon gynécologue. Cela fait bientôt 5 mois que j’ai repris la course à pied, en faisant uniquement des endurances, et je suis impressionnée par cette amélioration sur cette course, où je passe de 1h34 en 2025 (victoire) à 1h27 cette année (2e derrière l’intouchable Margaux Sieracky), après l’accouchement. »

Comment s’est déroulée votre course à Dour concrètement ?

« À la base, on était parti sur une allure de 4’20/km sur ce semi-marathon de Dour. Mais finalement, je me suis retrouvée dans un groupe à 4’08. C’était dur au début… Puis vers le 12e kilomètre, j’ai eu un regain d’énergie. J’ai pu relancer, et au 15e, mon mari m’a encouragée. Là, j’ai vraiment tout donné jusqu’à l’arrivée, en terminant autour de 4’09/km. »

À quel moment avez-vous envisagé de reprendre la course après votre accouchement ?

« Très vite, mais de manière encadrée. Je ne voulais surtout pas brûler les étapes. La reprise s’est faite progressivement, avec beaucoup d’écoute du corps. »

Quelles ont été les principales difficultés ?

« La fatigue, clairement. J’allaite encore après sept mois, et mon bébé ne fait pas ses nuits. Il est sage, mais il dort peu… Quand on allaite, qu’on travaille, qu’on gère les nuits, c’est compliqué. Du coup, je fais surtout du volume, avec peu d’intensité, pour éviter les blessures liées à la fatigue.. Dès qu’il fera ses nuits, je pourrai remettre plus de vitesse. Pour l’instant, tout est une question d’adaptation et d’organisation. »

Florence Durieu, enceinte de 9 mois, après une séance d’endurance.

Justement, à quoi ressemble votre quotidien aujourd’hui ?

« Réveil à 6h30, allaitement, puis je dépose le bébé à la crèche. Ensuite je travaille de 8h à 16h. Je le récupère, puis je vais courir. Après ça, je donne des cours de natation. Entre tout ça, il faut gérer les repas, promener le chien… C’est un rythme intense, mais avec une bonne organisation, ça fonctionne. »

Votre bébé a-t-il changé votre rapport à la course ?

« Pas vraiment sur le plan mental. J’ai toujours le même plaisir. Courir, ça me vide la tête. Quand je rentre, c’est comme un reset complet, même s’il y a eu des tensions dans la journée.»

Vous vous projetez différemment depuis la naissance de votre enfant ? Quels sont vos prochains objectifs ?

« Oui, forcément. Mais dans le bon sens. Ça m’apporte beaucoup. Je vais courir les 20 km de Bruxelles, bien sûr. J’aimerais tourner autour de 4’05/km. Et si je fais mieux, je serai la plus heureuse ! J’ai déjà battu mon record sur 5 km récemment à La Louvière, donc c’est encourageant. De plus, je pars en stage de triathlon début mai, donc je serai prête. »

Si vous deviez résumer cette période ?

« Quelque chose de formidable… et de difficile aussi. C’est la plus belle chose qui puisse arriver dans la vie d’une femme. Mais ça nous fait évoluer à tous les niveaux. »

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Basile Claus

Passionné d’athlétisme et athlète demi-fond à l’USBW, Basile Claus contribue au projet Belgium Running qui le motive autant qu'il le passionne tout en suivant ses études en communication.