Sabastian Sawe a marqué l’histoire de l’athlétisme à Londres en devenant le premier homme sous les 2 heures sur marathon.

Ce dimanche, la planète athlé, voire sport tout entier, a tremblé. Lors du marathon de Londres, le Kényan Sabastian Sawe est devenu le premier homme à descendre officiellement sous la barre des deux heures. 1h59’30.
En quelques chiffres, cela donne:
- Un record du monde qui est amélioré de 65 secondes (précédent : Kiptum, en 2023, en 2h00’35,
- Un record personnel explosé de près de 2’35 (2h02’05, en 2024 à Valence),
- Surtout, une barrière mythique dans l’histoire du premier sport olympique franchie. Un peu comme l’ont été celles du 100 mètres sous les 10 secondes (Hynes en 1968), du 200 sous les 20 secondes (Mennea en 1979), de la perche au-dessus des 6 mètres (Bubka en 1985), ou encore de la longueur au-dessus des 8 mètres (Beamon en 1968)
Le décor ainsi planté, voici quelques « clés » pour avoir une vue en perspective sur cette incroyable actualité qui risque bien d’être un moment-pivot dans l’histoire du marathon, avec un avant et un après
1. Qui est Sabastian Sawe ?
Ce coureur désormais plus riche de 330.000 dollars en termes de primes à la victoire et au record offertes par les organisateurs du marathon de Londres est un Kényan de 31 ans ayant remporté les quatre marathons auxquels il a participé. Soit Valence (2024), Londres et Berlin (2025), Londres (2026). Il a de très belles références chronométriques sur des distances inférieures (26’49 sur 10 km routes, 58’05 sur semi-marathon).
L’an dernier, face aux soupçons (à ce stade, ceux-ci étaient davantage des évidences) pesant sur l’athlétisme kényan, il avait contacté l’AIU (Athletics Integrity Unit) pour qu’elle le suive au jour le jour aux frais de son sponsor Adidas. Cela avait par exemple donné 25 contrôles en deux mois.
« Je voulais prouver que nous, Kényans, pouvons obtenir des résultats exceptionnels sans que le spectre du dopage plane constamment au-dessus de nos têtes », avait-il expliqué dans un média US spécialié.
N’ayant pas battu le record du monde à Berlin, il avait de nouveau pratiqué de pareille manière avant Londres. De là à dire qu’il est totalement propre, on ne s’avancera pas. Pour rappel, quelqu’un comme Lance Armstrong a été contrôlé plus de 500 fois négatif au cours de sa carrière…
Statistiques de Londres 2026
Les temps de passage de Sabastian Sawe à Londres :
- 5 km : 14’14
- 10 km : 28’35
- 15 km : 43’10
- 20 km : 57’21
- Semi : 1h00’29
- 25 km : 1h11’41
- 30 km : 1h26’03
- 35 km : 1h39’57
- 40 km : 1h53’39
- 42,195 km : 1h59’30
Soit un énorme negative split déjà (1h00’29 contre 59’01).
Avec une vitesse moyenne de l’ordre de 21,19 km/h, soit 2’50 au kilomètre (et 1’08 chaque 400 mètres…).
Evolution du record du monde
Avec le graphique ci-dessous, on a une vue globale de tous les records du monde (ou meilleures performances mondiales) depuis le premier chrono de l’Américain Johnny Hayes (2h55’18) lors des Jeux Olympiques de Londres en 1908.
On ne parle de records du monde reconnus par l’IAAF (puis World athletics) que depuis 2003. Avant, il s’agissait « juste » de meilleures performances mondiales.

Depuis 2003, il y a eu 11 records du monde. La plus forte progression enregistrée est tombée en 2018 avec les 78 secondes de mieux d’Eliud Kipchoge.
Les explications de la progression
Dans les facteurs expliquant ces bonds de bonification, on peut mettre en avant plusieurs choses :
- Des chaussures à plaque (ou tiges) de carbone + mousse PEBA qui ont tout fait exploser dans le monde des chronos running. Au fil des ans, ces chaussures sont également devenues plus légères. On sait ainsi que les Adidas Adizero Adios Pro Evo 3 utilisées dimanche par Sawe pèsent moins de 100 grammes (la chaussure – 97 grammes). Vous en voulez ? 500 euros en moyenne sur le marché.
- La technologie : au plus haut niveau, avec les enjeux financiers énormes derrière, tous les paramètres visant à améliorer une performance sont poussés au maximum. Diététique, science du mouvement, vêtements…
- Ce dernier point englobe évidemment la préparation médicale. Là aussi, des progrès importants ont été réalisés, dans toutes les directions (sport propre, sport sale, sport gris – nouvelles substances non encore interdites).




