Ce dimanche, 3.350 coureurs ont pris le départ de la première édition du semi-marathon de Dinant, entre Hastière et la cité mosane. Un parcours en ligne de 21,1 kilomètres, quasiment plat, entièrement fermé à la circulation et surtout rythmé par la Meuse, les paysages de la Haute Meuse et un calme assez inhabituel sur une course de cette ampleur. On l’a couru pour vous.

(© Jean-Pol Sedran)
Hastière, 9h55. La brume se lève sur cette petite ville en bord de Meuse. La plupart des habitants débutent à peine leur journée et pourtant, dans moins de cinq minutes, pas moins de 3.300 personnes vont s’élancer pour 21 km en bord du fleuve iconique de la région, direction la magnifique ville de Dinant.
Il n’y a pas un bruit. Le brouhaha des papotages a laissé place au silence de la concentration. On est à moins d’une minute du départ.
Cette première édition aura finalement rassemblé 3.350 personnes, alors même que les organisateurs n’en attendaient initialement qu’un millier. Ce n’est plus un secret, le running a le vent en poupe. Il n’empêche qu’avec la multiplication des événements, chaque nouvelle organisation est un défi. Il faut savoir se démarquer, trouver l’idée qui donnera envie aux coureurs de s’aligner.
Et l’idée, ici, François Weynant et son équipe l’ont trouvée : une course en ligne avec une arrivée au cœur de la ville du saxophone. Une idée innovante qui doit cependant répondre à un défi logistique majeur spécifique des courses en ligne : amener les coureurs au départ, à l’instar de ce qui se fait également sur la Descente de la Lesse, en août, ou les 20 km Maredsous-Dinant, en mars.
À ce niveau-là, c’était déjà pour nous un 10/10. Les navettes pour transporter un gros millier de personnes étaient présentes en nombre. Si bien que plusieurs sont même parties avec encore quelques places vides. Et pourtant, tout le monde semble finalement être arrivé à bon port.

10h00 : Le départ est lancé. Une petite boucle est prévue dans le village d’Hastière avant de revenir le long de la Meuse, avec un premier ravitaillement au km 5 en repassant juste à côté du départ. On profite d’un premier bain de foule, rempli des supporters venus encourager leurs familles et amis. L’idée est plutôt bien pensée : cela leur permet de les revoir une seconde fois quelques kilomètres plus loin sans devoir se déplacer.
10h25 : Après être parti un peu vite, avoir profité de l’ambiance, de l’effervescence du départ et de cette sensation assez particulière des premiers kilomètres d’une course, on regarde notre montre et on décide de se calmer.
Passage au km 6. On quitte Hastière direction Dinant, avec un bord de Meuse quasiment non-stop jusqu’au dernier kilomètre.
Le soleil apparaît derrière les collines de la vallée de la Haute Meuse. La brume, reflet d’une nuit froide, quitte doucement le lit du fleuve qu’on est en train de longer. Il fait encore frais, mais le soleil nous apporte déjà un petit brin de chaleur. Le paysage est clairement magnifique. Tout est calme. On avance au rythme du bruit des plaques carbone de nos chaussures. Quelques habitants se sont mis en bord de route pour nous saluer. Et ce qui saute aux yeux, c’est surtout la qualité de cette dernière.
À la différence de l’organisation à Namur, le semi de Dinant se fait à route fermée. On profite donc d’une large double bande refaite récemment, avec un bitume quasiment parfait et un dénivelé quasi nul sur l’ensemble du parcours : 53 mètres au total.
En plus, en cette période de l’année, et en remontant vers le Nord, le vent est lui aussi quasi nul. Au final, ce parcours est un réelle bonheur pour le chrono.
10h37 : Passage au 10e kilomètre, traversant un second ravitaillement comme annoncé. On profite donc des encouragements des scouts et des bénévoles, motivés plus que jamais à nous soutenir.

Les paysages évoluent, mais une chose ne change pas : le calme ressenti tout au long du parcours. Aucun village réellement traversé si ce n’est des petits patelins. Les roues libres de quelques vélos qui nous dépassent et le chant des oiseaux bercent le rythme de notre souffle. C’est peut-être ça, l’élément le plus marquant de ce semi-marathon : un semi taillé pour les introvertis.
On est là à courir, dans nos pensées, dans le calme. Pas d’agitation, pas de groupe ou de concert. Cela ne pourra certes pas convenir à tout le monde. Mais pour nous, pour viser un chrono, pour notre envie de vivre ce sport aussi à travers une forme de « reconnexion », on aime.
11h07 : On entre dans Dinant. L’arrivée se fait ressentir, la pression monte, mais les jambes deviennent lourdes. On a envie d’arriver, la tête de course passe de l’autre côté du fleuve.
Aïe. C’est peut-être le petit coup de moral qu’on n’attendait pas : savoir qu’il va encore falloir arriver jusque-là alors que le centre-ville, où se situe le demi-tour de fin de parcours, n’est même pas encore en point de mire.
11h13 : Après quelques relances, la difficulté du parcours est là : monter jusqu’au pont iconique aux 1.001 saxophones. Une petite bosse. Dix minuscules mètres de dénivelé.
Mais avec 19 kilomètres dans les jambes, la sensation est tout autre. On a presque l’impression de devoir gravir une montagne. Heureusement, la foule est là pour nous encourager. Et surtout, on sait qu’en quittant le pont, on entrera dans le dernier kilomètre.
11h18 : Dernière ligne droite. La voix de Chun de Stockel, speaker déjanté au micro à l’arrivée, se fait déjà entendre. On passe devant le casino pour enfin apercevoir la ligne d’arrivée. Il ne reste plus grand-chose.
Quelques centaines de mètres, et le semi-marathon de Dinant est déjà derrière nous.
Un semi différent
Cette première édition nous aura moins surpris qu’elle ne nous aura offert une expérience différente de celle de bien d’autres courses.
On retiendra évidemment le parcours, particulièrement roulant, avec ses 53 mètres de dénivelé et cette route entièrement fermée qui permet de profiter pleinement de la largeur de la chaussée. Mais surtout, on se souviendra de cette sensation assez rare sur une course de plus de 3.000 participants : le calme.
Il y a bien eu les supporters au départ, les bénévoles sur les ravitaillements, les encouragements à l’approche de Dinant et cette belle ambiance sur les derniers kilomètres. Mais entre tout cela, le parcours laisse énormément de place à la Meuse, aux paysages et à ses propres pensées. Et c’est peut-être finalement ce qui fait la particularité de ce semi-marathon.
Il ne cherche pas forcément à en mettre plein les oreilles. Il mise plutôt sur ce que la vallée de la Haute Meuse a déjà à offrir : un beau décor, une route rapide et un parcours où l’on peut courir. Pour une première édition, le pari est plutôt réussi.
Et si l’objectif était de proposer une course où chacun peut venir chercher ce qu’il est venu chercher — un chrono, un défi, un moment entre amis ou simplement 21 kilomètres au calme le long de la Meuse — alors Dinant a probablement trouvé sa place dans le calendrier.




