Le Belge Robert Pinckaers premier M5 de la Diagonale des Fous : « Je suis un vieux camion rustique »

Robert Pinckaers s’est imposé dans la catégorie des 60-64 ans sur la Diagonale des Fous 2026. Le pensionné d’Hombourg, à l’est de la province de Liège revient sur son expérience de course, longue de 40 heures.

Robert Pinckaers a pu vivre l’expérience du podium sur la Diagonale des Fous.

Robert Pinkaers, ancien chef des travaux de sa commune, a bouclé la Diagonale des Fous en 40h03’, prenant la 333e place au général (11e sur les 85 Belges présents au départ). Un sacré exploit après 180 km et 10.200 mètres de dénivelé positif pour cette pile d’énergie, ancien footballeur et cycliste qui s’est mis à la course à pied fort tard (à 50 ans).

« Ce fut directement le trail », nous explique-t-il, les deux pieds toujours sur l’île, et ce jusqu’au week-end prochain, histoire de profiter un maximum. « J’ai pris mon premier dossard sur une des courses du Grand Trail des Lacs et Châteaux, lorsque c’était encore Christophe Libin qui s’en occupait. Il me fallait courir dans un environnement nature. Pas de l’asphalte, des villes, du béton. Dans ma région, que l’on appelle souvent celles des trois frontières vu sa proximité avec l’Allemagne et les Pays-Bas, il y a de quoi faire… »

Une histoire d’amour avec La Réunion

Homme de défi, incapable d’arrêter une course en cours (« Dans ma tête, abandonner est inconcevable »), Robert Pinkaers s’est vite illustré dans les classements de catégorie, mais parfois aussi au scratch. Et puis, surtout, il a commencé à monter dans les kilométrages, allant vers la montagne pour chercher du D+ et des beaux paysages. C’est d’ailleurs sur l’île de la Réunion, en 2021, qu’il a franchi pour la première fois la barre des 100 kilomètres, terminant en 30 heures les 105 kilomètres du trail du Bourbon.

Je n’ai jamais douté, car je savais que j’irais au bout, sauf blessure.»

Robert Pinckaers

«Sur cet île, il y a tant de belles choses à voir, dans une ambiance incroyable », reprend notre homme. « Ce week-end encore, j’ai pu voir l’amour que les gens ont pour leur île et leur course. Ils la vivent du début à la fin. Il y a énormément de gens sur le parcours. On vous offre des brochettes, un petit coup à boire… C’est superbe. C’est une course mythique, fort médiatisée. Si vous dites autour de vous que vous avez couru la Diagonale, tout le monde saura de quoi il s’agit. Dites-leur par exemple que vous avez terminé l’ultra de la Restonica, magnifique course par ailleurs, peu connaîtront… »

Quant à son ulta, il l’a vécu de manière assez classique, avec des coups de mou et des coups de boost.  « A mon âge, on est des vieux camions rustiques, donc on avance quoi qu’il se passe », fait-il. « J’ai perdu environ 80 places entre deux pointages parce j’ai voulu éviter un maximum de me mouiller les pieds, pour les économiser. Mais cela n’a finalement servi à rien, tant il y avait de la boue. Mais je n’ai jamais douté, car je savais que j’irais au bout, sauf blessure.»

A l’arrivée, son entourage était présent pour fêter sa performance. Puis il y eu le podium où il s’est retrouvé avec les stars de la discipline mais aussi une soirée dans un établissement local où chaque personne portant le t-shirt finisher est considérée comme un héros. Des moments inoubliables.

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Eric Verschueren
Eric Verschueren

Eric Verschueren est journaliste expérimenté et coureur de trail. Passionné par le trail et l’ultra-trail, il met son expertise et sa pratique au service d’un traitement rigoureux de l’actualité running pour Belgium Running.