Il y a des courses qui marquent une saison. Et d’autres qui marquent une vie. Pour Corentin Miesse, plus connu sur les réseaux sous le pseudonyme “un kette en baskette”, le déclic remonte à 2019, sur les sentiers du Marathon du Mont-Blanc. Quelques années plus tard, ce Spadois vit dans les Aravis, est devenu guide de montagne et a construit un quotidien où passion et métier ne font plus qu’un.

« Je me suis dit :
Corentin Miesse, lors du Marathon du Mont-Blanc, 2019
c’est trop beau, je veux vivre ici »
De traileur belge à guide de montagne
Lorsqu’il débarque en montagne, à Chamonix en 2019, Corentin Miesse ne savait pas qu’il y resterait. C’est en arrivant en haut d’un des sommets du Marathon du Mont-Blanc que le Spadois d’origine se rend compte que c’est ça qu’il veut.
C’est donc très rapidement, entre une formation de 3 ans et demi et une immersion dans l’environnement alpin, que « le kette en baskette », comme il se prénomme sur les réseaux, construit sa nouvelle vie et se fait sa place dans ce monde en altitude. Cette longue transition est primordiale.« C’est une obligation pour la sécurité. La montagne est aussi belle que dangereuse », nous dit-il.
Au début, la plus grande difficulté pour Corentin Miesse était que, à Chamonix, il y a énormément de monde. Difficile de se démarquer dans ce domaine. Il faut créer de la visibilité, trouver des partenariats, etc.
Aujourd’hui, après plusieurs années à développer son projet et un déménagement près de la famille de sa compagne au Chinaillon (Le Grand Bornand/Aravis), l’athlète du Team UYN France Trail encadre des groupes en montagne, organise des stages de trail tout au long de l’été et propose des expériences immersives, parfois insolites.
Une évolution naturelle pour celui qui affirme désormais sans détour : « Mon boulot, ce n’est que de la passion. »

Une « Belgian Touch » qui fait la différence
Parmi les participants à ses stages, une majorité sont des Belges : « Je dirais 70 % à 90 % selon les périodes », rigole-t-il.
Une communauté qui reste fidèle, séduite par son approche ainsi que par une certaine convivialité, marque de fabrique des Belges.
En parlant de spécialité, Corentin Miesse a pour habitude de proposer la bière belge des traileurs à ses clients à chaque fin d’aventure : « On a une bière partenaire, “La THArée”, qu’on offre après les stages. Les gens adorent l’idée. »
Mais au-delà de l’anecdote, ce qui attire, c’est surtout sa manière d’aborder la montagne. Pour Corentin Miesse, le trail, ce n’est pas juste mettre une paire de chaussures et aller courir 4 heures sur les sentiers. Le trail, c’est avant tout être dehors et passer du temps en montagne afin de profiter au maximum de son environnement. Ce n’est pas seulement courir, c’est davantage comprendre ce qui nous entoure.
« Ce qui m’intéresse, c’est d’aller là où il n’y a pas beaucoup de monde. Sortir des sentiers battus, proposer des itinéraires parfois même non répertoriés sur les cartes. »
Des stages pour toutes et tous
Débutant, traileurs expérimentés, amateurs d’aventure ou groupe d’amis qui veulent prendre du bon air : son offre de stages de trail s’adresse à un large public.

Corentin Miesse propose toutes sortes de séjours. Que ceux qui le rejoignent soient attirés par la détente, la découverte ou l’aventure, le kette a la capacité et l’envie de s’adapter à sa clientèle. De l’itinérance en refuge en passant par la préparation d’un objectif déterminé, il offre des expériences « à la carte », adaptées aux objectifs de chacun.
Inclusivité oblige, ses stages sont également accessibles à des personnes en situation de handicap, grâce aux infrastructures spécifiquement adaptées. Corentin Miesse, par dessous tout, les encourage à sortir de leur zone de confort pour découvrir les choses magnifiques que les montagnes proposent.
« Je prends autant de plaisir avec Monsieur et Madame Tout-le-Monde qu’avec des profils très performants. »
Équilibre professionnel et personnel
Derrière la carte postale alpine, il y a un rythme de vie intense, surtout en saison.
« L’été, c’est du 27 juin au 24 août, tous les jours. C’est un gros rythme. »
En 2025, Corentin Miesse a cumulé plus de 200.000 mètres de dénivelé positif tout au long de ses stages et de sa saison. Pour vous donner un exemple, cela correspond à monter l’équivalent du Mont-Blanc… 42 fois. En saison, la fatigue s’accumule donc rapidement et la gestion de l’énergie devient essentielle. Pour tenir, Corentin Miesse a développé une stratégie.
« En refuge, je choisis toujours mon lit près d’une fenêtre pour avoir de l’air. Dès que le repas est terminé, je mets mes bouchons et je vais dormir. »
L’alimentation joue également un rôle clé : « Il faut beaucoup manger. C’est essentiel pour éviter les blessures et la fatigue chronique. »
Au-delà de la gestion physique, pour lui, l’important est surtout de garder un équilibre personnel. Il a pris l’habitude de finir sa journée de travail lorsqu’il met un pied chez lui, afin de pouvoir profiter de sa vie en tant que mari et père.
Plus qu’un guide, Corentin Miesse invite à vivre la montagne autrement. À ralentir, observer… et redécouvrir pourquoi on court.




