Test Salomon S/LAB Genesis 2 : la version élite s’affûte pour l’ultra

Disponible dès ce 1er août, la deuxième génération de la S/LAB Genesis conserve l’ADN qui a fait le succès du modèle – précision, ancrage, protection – tout en corrigeant les deux reproches formulés à la première version : plus d’amorti et de dynamisme, une stabilité mieux guidée. Après quelques jours de test, voici nos premières impressions, et pourquoi cette chaussure vise désormais clairement les longues distances.

Il y a des lignées de chaussures qui n’ont pas besoin de révolution. La S/LAB Genesis première du nom s’était imposée en deux ans comme l’une des références du trail technique : un chausson bas sur le sol, un maintien chirurgical, une durabilité à toute épreuve. Salomon aurait pu se contenter d’un lifting cosmétique. La marque annésienne a préféré retravailler le fond : amorti, dynamisme et stabilité.

© Salomon S/LAB Genesis 2 – Simon Fusillier

Ce que la S/LAB Genesis 2 change vraiment

La grande nouveauté se joue sous le pied. Salomon a intégré le châssis de stabilité à l’intérieur de la structure de mousse – l’activeCHASSIS. En logeant le système de guidage au cœur du midsole plutôt qu’en surcouche, la chaussure épouse plus naturellement le mouvement du pied : on garde la protection contre les torsions de cheville, mais la transition talon-avant-pied gagne en fluidité et perd le côté un peu rigide de l’ancienne version.

© Salomon S/LAB Genesis 2 – Simon Fusillier
© Salomon S/LAB Genesis 2 – Simon Fusillier

Deuxième évolution majeure, la mousse. La S/LAB Genesis 2 adopte une formulation optiFOAM double densité plus vivante et plus durable. C’est la réponse directe au principal grief de la V1, dont la semelle intermédiaire, à base d’EVA, offrait un retour d’énergie jugé un peu terne pour certains. Ici, on gagne en rebond sans sacrifier la connexion au terrain – exercice d’équilibriste réussi.

L’accroche n’est pas oubliée : la semelle extérieure All Terrain contaGRIP a été redessinée. Les crampons conservent leur hauteur de 4,5 mm mais adoptent une nouvelle géométrie qui augmente la surface de gomme au contact du sol, pour davantage de traction sur les terrains meubles et les dalles humides – le point faible historique des Salomon face aux semelles Vibram.

© Salomon S/LAB Genesis 2 – Simon Fusillier

Enfin, la tige évolue vers le Matryx Micro, plus léger et plus résistant à l’abrasion. Tissée avec des fils de Kevlar enduits, elle résiste aux frottements sur les cailloux et les ronces, n’absorbe pas l’eau et sèche vite. Le tout est complété par un guêtre intégré qui tient efficacement cailloux et débris à distance, et le Profeel Film, ce film pare-pierres qui filtre les agressions du sol sans tuer la sensation de terrain.

Fiche technique

  • Poids : 272 g
  • Stack : 31 mm au talon / 25 mm à l’avant-pied
  • Drop : 6 mm (contre 8 mm sur la V1)
  • Crampons : 4,5 mm, semelle All Terrain contaGRIP redessinée
  • Tige : Matryx Micro + guêtre intégré + Profeel Film
  • Mousse : optiFOAM double densité
  • Prix : 200 €
© Salomon S/LAB Genesis 2 – Simon Fusillier

Nos premières impressions

Premier constat au chaussage : cette précision S/LAB si caractéristique est immédiate. La tige Matryx Micro enveloppe le pied de manière serrée et sécurisée, et l’effet chausson – une languette-chaussette qui prolonge le col en un manchon intégré – est nettement meilleur que sur la génération précédente. Le pied est tenu de tous les côtés, sans point de pression, avec ce verrouillage au médio-pied et au talon.

Deuxième surprise, agréable : l’amorti. On sent la nouvelle optiFOAM double densité travailler. Pour une chaussure destinée à l’élite, elle paraît plus dynamique et plus confortable qu’attendu, sans jamais nous décoller du sol. Le Profeel Film apporte cette sensation de protection et d’ancrage, sans étouffer le retour d’information du terrain. On garde donc la lecture précise du sol – essentielle en technique – mais avec un moelleux qui n’existait pas avant.

© Salomon S/LAB Genesis 2 – Simon Fusillier

C’est là que se dessine notre conviction principale : la S/LAB Genesis 2 est encore davantage taillée pour l’ultra. Le supplément d’amorti et la stabilité mieux guidée changent un peu plus l’équation sur les très longues sorties. Là où la V1 pouvait devenir sèche sur la durée, la V2 conserve du confort et de la protection au fil des kilomètres. Cailloux, singletracks dévers, descentes techniques : la chaussure maintient le pied exactement là où il doit être tout en restant vive.

À noter, comme sur toute la lignée S/LAB : le chaussant reste précis, taillé pour les pieds fins à moyens. Les pieds larges ou à fort volume risquent de se sentir à l’étroit, notamment au médio-pied – ce n’est pas un défaut, mais un parti pris assumé de chaussure de spécialiste.

Et la Genesis 2 « classique » ?

Salomon décline sa Genesis en deux versions, et il est utile de ne pas les confondre. À côté de la S/LAB, la marque propose la Genesis 2 « classique » (non S/LAB), qui partage le même ADN – châssis actif intégré, optiFOAM revue, semelle contaGRIP affinée – dans un format plus polyvalent et surtout plus accessible.

© Salomon S/LAB Genesis 2 – Simon Fusillier

Les différences se lisent surtout dans la géométrie. La Genesis 2 standard, également disponible le 1er août, affiche un stack plus généreux – 33,5 mm au talon / 25,5 mm à l’avant-pied – et un drop de 8 mm, contre 6 mm sur la S/LAB. Elle repose elle aussi sur la mousse optiFOAM 2. Sa tige est plus enveloppante, moins racée que le Matryx Micro de la S/LAB mais très robuste. Point notable : Salomon l’annonce à 241 g, soit plus légère que la S/LAB sur le papier – un chiffre à confronter au ressenti une fois aux pieds.

En résumé : la Genesis 2 classique se pose en chaussure « tout-terrain de montagne » plus polyvalente, avec davantage de matière sous le pied et un drop plus traditionnel. Elle nous parait également moins amortie de la version Elite, nous devrons tester cela sur la durée.

© Salomon S/LAB Genesis 2 – Simon Fusillier

En conclusion

La S/LAB Genesis 2 assume une logique d’évolution : elle fait progresser une chaussure déjà très aboutie et corrige ses deux vrais points faibles. Chausson mieux enveloppant, amorti plus présent, orientation clairement ultra : à 200 €, elle affirme son statut d’arme technique pour la montagne (et nos collines) et les longues distances. Un point restera à confirmer lors d’un test au long cours : l’accroche de la contaGRIP sur roche mouillée et racines détrempées, historiquement le talon d’Achille de la gamme, que la nouvelle géométrie de crampons cherche justement à améliorer.

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Simon Fusillier

Passionné de technologies et de course à pied, je travaille avec Belgium Running sur le terrain, en vidéo comme à l’écrit. J’aime découvrir, tester et analyser le matériel running, tout en racontant l’actualité du sport. Trailer, je passe beaucoup de temps sur les sentiers et j’adore être en montagne, mon terrain de jeu favori.