Le Belge de 28 ans, 17e en 2025, vise le record belge sur Sierre-Zinal, détenu depuis 1983 par Jan Sebille (2h38’47).

C’est la course de l’année pour Maximilien Drion. Ce samedi, le Belge de 28 ans sera au départ pour la 8e fois de Sierre-Zinal, historique épreuve de course de montagne avec son parcours inchangé depuis sa création en 1974, avec 31 kilomètres, 2.200 mètres de dénivelé positif et 1.100 mètres de dénivelé négatif. Voici un an, celui qui représenta la Belgique en ski-alpinisme cet hiver aux Jeux de Milan Cortina avait pris la 17e place, réalisant sa prestation la plus aboutie sur ce format exigeant avec un chrono de 2h39’45.
A quelques jours du grand départ de l’édition 2026 (samedi 8 août sur le coup de 11 heures), nous avons échangé avec lui sur l’importance de cette course à ses yeux.
Maximilien, vous restez sur un excellent début de saison, avec une 7e place à Zegama, une 5e aux Championnats d’Europe sur le format Up & Down ou encore une 2e place pour votre premier 50 km sur l’Andorra by UTMB. La forme semble là !?
« Oui, je suis très satisfait de mon début d’année. Mais mes résultats de début de saison importeront peu si je suis déçu de ce que je fais à Sierre-Zinal. C’est ce rendez-vous, avec l’OCC fin août, qui déterminera si ma saison est réussie ou non. Je place cette course bien au-dessus de Zegama, de l’Euro ou encore Andorre. »
Pourquoi Sierre-Zinal est-il si particulier pour vous?
« Depuis 2008 et mon arrivée dans le Val d’Anniviers avec ma famille, mes yeux sont rivés sur cette course. C’est une épreuve mythique. Et comme c’est chez moi, ça la rend encore plus particulière. Je la mets chaque année à mon calendrier. Tous les meilleurs sont là. Et même s’il y a quelques absents pour blessure, ça ne change rien à la densité du plateau qui est extraordinaire. Ici, le chrono parle aux gens. Ca définit ta qualité de traileur, comme une référence sur marathon. »
Vous avez couru pour la première fois sous les 2h40 en 2025, ce qui était un objectif de longue date. Mais le record belge reste la propriété de Jan Sebille depuis 1983. Le but est d’aller le chercher?
« Oui, c’est un objectif. Il me manque une minute pour s’emparer de ce record belge. Jan (Sebille) sera d’ailleurs présent sur le bord du parcours. Depuis quelques années, il suit à nouveau le trail de près, notamment grâce à l’émergence d’une belle génération. Raul (Raus) sera d’ailleurs là aussi ce dimanche (voir ci-dessous). On verra si on peut se pousser vers le haut et tous les deux descendre sous les 2h38’47 de Jan. L’objectif est en tout cas de faire mieux que l’an dernier. J’avais fait une superbe course sans avoir cependant pu faire une prépa comme il aurait fallu. Car j’étais déjà tourné vers ma saison de ski-alpinisme et les Jeux. Ici, cela fait deux mois que je me prépare spécifiquement pour Sierre-Zinal et l’OCC. Et j’ai pu courir beaucoup plus tôt cette année. Autant de choses qui me permettent de croire que je peux faire encore mieux que l’an dernier. M’approcher des 2h35 est un objectif réaliste je pense.
Reste que, vu le profil spécifique du parcours avec cette longue ascension en début de course, rien n’est jamais acquis à Sierre-Zinal…
« Oui, et je suis bien placé pour le savoir. Cette montée au début, tu peux y exploser et laisser filer ta course. Elle n’est pas évidente à gérer. Parfois, tu penses l’avoir bien gérée et tu coinces après. Il reste tout de même 20 kilomètres. Mais j’ai mes chronos en tête et je sais ce que je peux y faire. Je connais aussi mes qualités et le fait que ce que je suis capable de faire dans la seconde partie du parcours. La stratégie sera d’être à la limite de mon 2e seuil lactique dans cette montée, soit entre 180 et 185 pulses. »
Parler d’un objectif en termes de place a-t-il un sens avant la course?
« Franchement, je n’y pense pas. Ca dépend de tellement de choses et il y a une telle densité. Je fais ma course, j’essayerai de faire mon meilleur chrono et le reste suivra. Evidemment, s’il faut aller chercher 10 secondes dans la descente sur la fin pour grapiller une place, je le ferai. Mais ça n’a pas de sens de se focaliser là-dessus dès le départ. »
Il y aura, comme chaque année, énormément de Belges au départ et sur le bord du parcours. Notamment avec une fan zone belge proposée par les 4 Cimes. Ca rend le tout encore plus particulier?
« Je me réjouis vraiment de traverser cette fan zone belge. C’est une superbe initiative. Mais je me concentre d’abord sur ma course. La fête, ce sera éventuellement pour après. »
Raoul Raus sera de la partie, pas Kilian Jornet et Rémi Bonnet
A l’issue de sa 22e place au marathon du Mont-Blanc, Raoul Raus, déçu par un début de saison qui ne lui avait pas permis d’exploiter ses qualités, nous avait glissé qu’il s’alignerait peut-être sur Sierre-Zinal, course qui ne figurait pas initialement à son programme. Ce sera bien le cas puisque le jeune talent belge du Team New Balance fait partie des élites qui s’élanceront samedi de Sierre sur le coup de 11h00 (pour 10h30 aux femmes).
A suivre aussi, du côté des nombreux Belges, Clément Reul, top 10 des Mondiaux espoirs de skyrunning cette année et 2e Belge de Sierre-Zinal l’an dernier, en 3h04.
Kilian Jornet, dix fois vainqueur de l’épreuve, ne sera quant à lui finalement pas présent. Le Catalan, en délicatesse avec son genou gauche, a préféré faire l’impasse, se préservant pour l’UTMB fin août. Le Suisse Rémi Bonnet, vainqueur du marathon du Mont-Blanc fin juin, a également dû déclarer forfait en raison d’une gêne au mollet.




