Guillaume Deneffe est, juste avant l'UTMB 2026, l'invité de notre podcast Fartlek.

« L’UTMB, c’est un peu une excuse pour pouvoir faire tout ça » : Guillaume Deneffe raconte la course de l’intérieur

À quelques jours de son cinquième UTMB, Guillaume Deneffe s’est confié dans le nouvel épisode de Fartlek. Le meilleur Belge de l’histoire sur l’épreuve autourdu Mont-Blanc nous emmène dans les coulisses d’une course qu’il connaît désormais intimement, de l’attente à Chamonix jusqu’aux derniers kilomètres, en passant par la nuit, le froid et les moments où le mental prend le relais.

Guillaume Deneffe est, juste avant l'UTMB 2026, l'invité de notre podcast Fartlek.
Guillaume Deneffe est, juste avant l’UTMB 2026, l’invité de notre podcast Fartlek.

Ce vendredi 28 août sur le coup de 17h45, Guillaume Deneffe sera une nouvelle fois au départ de l’UTMB à Chamonix. Pour la cinquième fois, le coureur de 42 ans s’attaquera aux 174 kilomètres et près de 10.000 mètres de dénivelé positif autour du Mont-Blanc.

Depuis sa première participation en 2022, Guillaume s’est imposé comme l’une des références belges sur cette course, avec trois top 20 en quatre participations. Il sera à nouveau l’une des meilleures chances belges sur l’épreuve cette année.

Mais derrière les images spectaculaires du départ à Chamonix, des milliers de spectateurs à Notre-Dame-de-la-Gorge ou des coureurs qui défilent de nuit dans les montagnes, il y a une autre réalité.

C’est celle que Guillaume raconte dans le nouvel épisode de Fartlek, désormais disponible sur toutes les plateformes d’écoute.


« Le vrai UTMB démarre après Notre-Dame-de-la-Gorge »

L’UTMB est probablement l’une des courses de trail les plus médiatisées au monde. Pourtant, une grande partie de ce que vit un coureur disparaît des images.

Guillaume raconte notamment le contraste saisissant entre les premiers kilomètres, portés par la foule, et la solitude qui s’installe progressivement une fois passé Notre-Dame-de-la-Gorges.

« Là, tu dis : j’ai bien profité de la foule, c’était une course de kermesse. Maintenant, le vrai UTMB démarre. Et donc tu te concentres sur ce que tu as à faire : te nourrir et avancer. »

Quelques kilomètres plus loin, le décor change complètement. La nuit tombe, les coureurs s’espacent et la montagne reprend ses droits.

Pour Guillaume, c’est justement dans ces moments-là que l’UTMB devient le plus intéressant.

« La nuit, c’est quelque chose que j’adore. (…) Il n’y a pas d’autres options que d’avancer, peu importe la météo, tes sensations. J’en profite à fond parce que finalement, c’est ça que je viens chercher là sur place. »

Une autre image résume particulièrement bien ce sentiment. Dans la montée du col du Bonhomme, Guillaume aime se retourner et observer la longue file de frontales qui serpente derrière lui.

« Tu es en pleine montagne et tu vois cette guirlande lumineuse derrière toi. C’est dans ces moments que je prends conscience de la course que je fais finalement. »

Guillaume Deneffe

Quand il ne reste plus que le mental

L’UTMB, c’est aussi le moment où la préparation et les certitudes s’effacent progressivement.

En 2025, Guillaume a notamment vécu une traversée particulièrement difficile entre les Chapieux et Courmayeur, sous une pluie devenue neige et dans des conditions qui l’ont obligé à modifier complètement sa manière de courir.

Son objectif était alors très simple : continuer à avancer et conserver suffisamment de chaleur.

« Je m’imaginais pas vivre ce que j’ai vécu après. (…) Là, je me suis dit : les 35 prochains kilomètres, t’as pas le droit à l’erreur parce que tu vas être vraiment haut dans des endroits où il n’y aura personne pour venir te chercher. »

C’est dans ces moments que Guillaume retrouve une autre dimension de l’ultra-trail : celle de la confrontation avec soi-même.

« On vit dans un certain confort et dès qu’on a mal quelque part, il y a une solution à tout finalement. Et là, il n’y en a pas vraiment. Enfin, il y a deux solutions : soit tu continues à avancer, soit tu t’arrêtes. »

Et pour continuer, il découpe la course en une succession de petits objectifs. Pas question donc de penser à l’arrivée lorsque celle-ci est encore très loin.

« Je ne pense pas à la ligne avant d’arriver à la ligne. (…) Je préfère me dire : il reste dix kilomètres avant d’arriver à ce point-là. J’essaie de profiter de ces dix prochains kilomètres parce qu’il y a ça à voir, ça à faire. »


La performance, mais pas seulement

Avec trois top 20 sur l’UTMB, Guillaume fait évidemment partie des coureurs belges les plus performants sur la course. Pourtant, il refuse de réduire son expérience au classement.

Il préfère regarder l’écart qui le sépare des meilleurs plutôt que sa position à l’arrivée.

« Je préfère souvent regarder ce qui me sépare du premier. C’est comme ça que j’évalue si j’ai fait une bonne course ou non. La place, finalement, n’a pas beaucoup d’importance. »

Une manière de voir la compétition qui contraste avec l’image que l’on pourrait avoir d’un coureur qui revient chaque année sur l’une des courses les plus relevées du monde.

Car la performance n’est finalement qu’une partie de ce qui pousse Guillaume à revenir à Chamonix.


« L’UTMB, c’est un peu une excuse pour pouvoir faire tout ça »

C’est peut-être la déclaration qui résume le mieux l’épisode. Derrière le compétiteur, les résultats et les heures d’entraînement, Guillaume parle surtout de ce qui l’attire depuis le début dans le trail : l’exploration.

« La raison pour laquelle je fais du trail, pour laquelle j’aime le trail, c’est plus l’esprit de découverte. Ce que j’aime, c’est m’entraîner, découvrir de nouvelles vallées, des refuges, passer par des cols, découvrir de nouveaux pays. C’est ça qui m’anime en trail. »

Et finalement, l’UTMB lui permet de réunir tout cela en une seule aventure.

« En fait, après, l’UTMB, c’est un peu une excuse pour pouvoir faire tout ça. »

Une phrase qui résume peut-être mieux que n’importe quel classement ce qui pousse Guillaume Deneffe à retourner, année après année, autour du Mont-Blanc.


🎧 À quelques jours de son cinquième départ, Guillaume Deneffe raconte l’UTMB comme vous ne le voyez pas sur les images : la pression avant le départ, la foule, la solitude, la nuit, le froid, les moments de doute, la bataille mentale et l’émotion de l’arrivée.

Fartlek #26 – Ce qu’on ne vous a jamais dit sur l’UTMB (avec Guillaume Deneffe)

Le podcast est à découvrir sur les principales plateformes d’écoute et sur YouTube.

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Thibaut Hugé

Thibaut Hugé est journaliste et entrepreneur, fondateur de Belgium Running. Egalement pratiquant et adapte des longs efforts d'endurance, il défend un journalisme de proximité appliqué à la course à pied, avec l’ambition de connecter, informer et inspirer la communauté running en Belgique.