Courir un marathon demande déjà une bonne dose de motivation. Le faire dans un parking à plusieurs étages, en tournant inlassablement entre le béton et les rampes, relève clairement d’un autre niveau de folie.
Et pourtant, ce dimanche en Angleterre, une centaine de coureurs ont relevé ce défi pour le moins insolite. Au bout des 42,195 km, c’est un Belge qui s’est imposé : le Namurois Sébastien Mahia.
La course se déroulait à Southend-on-Sea, station balnéaire située à une soixantaine de kilomètres de Londres. Particularité du parcours : il s’agit du seul marathon organisé dans un parking à plusieurs étages en Angleterre, et sans doute l’un des rares au monde. Au programme, pas de paysages grandioses ni de longues lignes droites, mais 63 tours d’un parking, pour un total de 800 mètres de dénivelé positif, accumulés au fil des montées et descentes entre les niveaux.
Un effort autant mental que physique
« Durant la première partie de la boucle, on montait les étages. Et durant la seconde, on descendait. En tournant constamment », explique Sébastien Mahia. Un exercice exigeant, où la répétition et le manque de repères visuels mettent les nerfs à rude épreuve.
Habitué des défis atypiques, le coureur namurois ne s’est pas contenté de participer. Il s’est imposé en 3h07’14. À l’automne dernier, il avait notamment signé un record du monde officieux du marathon le plus rapide déguisé en insecte, en 2h46’57, à l’occasion de son 50e marathon.
Objectif : les Mondiaux du 100 km
Pourquoi s’aligner sur un marathon aussi peu conventionnel ? La réponse est claire pour Mahia.
« Je cherche à courir un marathon chaque dimanche afin de me qualifier pour les Championnats du monde du 100 kilomètres », explique-t-il. « En faisant mes recherches, je suis tombé sur cette course, qui n’avait plus été organisée depuis neuf ans. J’étais aussi un peu frustré d’avoir terminé deuxième des 100 km de Londres en mai dernier. C’était une façon de prendre une petite revanche en Angleterre. »

Le regard amusé de l’organisateur
De son côté, l’organisateur Jason McCardle observait la course avec un sourire amusé.
« Beaucoup de participants ont déjà couru de nombreux marathons. Mais ici, c’est différent. L’effort est plus mental que physique, avec la répétition et le dénivelé », expliquait-il à la BBC. « Il n’y a pas grand-chose à voir, si ce n’est du béton, encore plus dur que le bitume. »




