Il y a des coureurs qui courent pour les chiffres. François Stockmans, lui, court pour la vie. Membre du Racing Club de Bruxelles, kiné de métier, marathonien dans l’âme, il vient de boucler ce samedi son 150e et dernier marathon sur la piste des 3 Tilleuls, entouré des membres de son club.

François Stockmans a le marathon dans la peau. En quarante ans, l’athlète du RCB en a parcouru 150, dont 23 fois celui de Paris. Et le le dernier restera celui effectué ce samedi 13 juin sur la piste de son club, aux 3 Tilleuls, entourés des siens.
L’occasion de revenir avec lui sur ce magnifique parcours fait de passion, d’authenticité, de découverte et de dépassement de soi pour celui qui assure « ne jamais courir avec une montre GPS et partager ses performances sur Strava. »
Comment tout a commencé ?
« J’avais 15 ans lors de mes premiers 20 km de Bruxelles. J’ai terminé en 1h55, et c’était chouette. Quelques années plus tard, j’ai rejoint le RCB en 1985, et j’ai voulu tester le marathon. Mon premier, c’était improvisé, 3h31, et c’était également très agréable. Puis 2h52, puis 2h44… Je trouvais ça tellement bien qu’on enchaînait les 100 km par semaine. C’était mon truc. »
En 2010, après une opération au genou, on m’avait annoncé que je ne pourrais plus jamais courir. En 2013, j’étais de retour à Paris.
Les chiffres donnent le vertige. Vous avez dû en voir du pays avec ces 150 marathons ?
« 85 en Belgique, 23 fois Paris, 16 fois Bruxelles, 9 fois Huy, 7 fois le Beer Lovers à Liège, 5 fois Anvers. Et des courses partout dans le monde, mais sans jamais courir un seul World Major. Sauf Berlin en 2008, mais à l’époque ce n’était pas encore classé major. Mon meilleur chrono, c’est 2h35 à Rotterdam en 1992. Pour que ce soit plus clair, j’ai donc couru quatre fois sous les 2h40 au total. Et une moyenne générale de 4’40/km sur l’ensemble des 150, soit 13,8 km/h. »

Quel est votre marathon préféré ?
« Paris, sans hésitation. C’est le plus beau marathon du monde. Cette année encore, j’y ai signé un 3h07, c’est génial d’avoir terminé comme ça. Et puis j’ai un lien particulier avec cette course. En 2010, après une opération au genou, on m’avait annoncé que je ne pourrais plus jamais courir. En 2013, j’étais de retour à Paris. »
Quel fut votre marathon le plus insolite ?
« Québec, en 1991. J’étais en vacances, je n’avais absolument pas prévu de courir. Mais à l’époque, c’était facile de s’inscrire. J’ai appelé le journal local, et j’ai pu participer. J’ai mené la course pendant 35 km et j’ai terminé en 2h46, à l’improviste, en vacances. Ce marathon s’appelle aujourd’hui le Marathon Yves Saint Laurent. »
Trois mots résument tout ce que le marathon m’a appris : relativité, humilité, plaisir.
Comment s’est passé ce 150e marathon sur la piste des 3 Tilleuls ?
« C’était génial. Il y avait plein de joie sportive et humaine. Il n’y a plus rien à aller chercher sur marathon. Maintenant, les muscles tirent partout, alors je vise moins d’1h30 sur semi à 60 ans. Un nouvel objectif, une nouvelle page. »

Un conseil pour les coureurs qui débutent, ou qui s’épuisent à courir pour les autres ?
« Ne pas s’enfermer dans les réseaux sociaux, ne pas se comparer. Trop de pression. Courir pour le plaisir, s’écarter des chronos, tout en gardant des objectifs. Moi je cours sans montre ni Strava par exemple. Trois mots résument tout ce que le marathon m’a appris : relativité, humilité, plaisir.»
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