Le combat de Roxane Cleppe, blessée depuis 8 mois: « C’est parfois difficile mais je n’abandonne pas »

Roxane Cleppe avait brillé sur tous les fronts en 2025, jusqu’à devenir championne de Belgique de semi-marathon et prendre part à la Diamond League. Mais depuis bientôt 8 mois, l’athlète de 25 ans est contrainte de composer avec les tracas physiques. Rencontre.

Roxane Cleppe est privée de la compétition depuis bientôt 8 mois.

À 25 ans, Roxane Cleppe traverse sans doute la période la plus compliquée de toute sa carrière. En 2025, l’athlète de l’USBW était devenue à l’époque la 2e meilleure performeuse belge de l’histoire sur semi-marathon en devenant championnat de Belgique à l’occasion de la Bashir’s Run (1h09’12). Elle avait aussi pris part aux Championnats d’Europe de course sur route à Leuven et même goûté à la Diamond League sur 10.000 mètres à Oslo.

Éloignée des compétitions depuis presque 8 mois suite à des pépins physiques, l’athlète de l’USBW ne perd pas espoir et continue de se battre pour revenir au plus haut niveau belge, fournissant un gros travail à la fois mental et physique pour aller de l’avant.

Belgium Running a pris le temps d’aller à la rencontre de l’athlète et de faire le point après plusieurs mois loin des compétition.

Comment allez-vous aujourd’hui, Roxane?

« À la base, j’ai eu une déchirure à l’ischio. Lorsque j’ai repris, c’était peut-être trop intense pour moi, donc j’ai rapidement fait une contracture. Je crois que c’était principalement dû à un manque d’adaptation. Et ensuite, j’ai enchaîné avec deux autres contractures… ça m’a empêchée de vraiment relancer la machine. »

« Je me rends compte de tout le chemin parcouru, donc je n’abandonne pas. »

Désormais, qu’est-ce qui vous empêche de courir?

« Je suis en pleine réhabilitation. Le problème principal en ce moment, c’est une ténosynovite du long fléchisseur du gros orteil. Ça fait plus d’un mois que je suis complètement à l’arrêt à cause de ça, et le 15 avril, cela fera huit mois depuis le début de mes soucis. C’est très fluctuant. Il y a des jours où ça va, et d’autres où la cheville gonfle beaucoup, notamment à cause de la rétention d’eau. C’est difficile parce que tu ne peux pas vraiment prévoir. »

Malgré tout, est-ce que vous arrivez à garder une certaine forme physique?

« Oui, heureusement. Je fais environ 14 heures de cardio par semaine, surtout du vélo, et j’ajoute environ 6 heures de course à pied, mais très contrôlée. Je ne cours qu’une fois par jour. Donc niveau cardio, ça va, je l’ai gardé. »

Et au niveau mental, comment cela se passe ?

« C’est dur. Il y a une vraie fatigue mentale qui s’installe. Certains jours, j’ai envie de tout arrêter. Mais en même temps, je me rends compte de tout le chemin parcouru, donc je n’abandonne pas et je continue.»

Comment envisagez-vous la suite?

« Il faudra du temps pour revenir à mon niveau d’avant. À plus long terme, j’aimerais faire un marathon, avec un objectif autour de 2h30. Mais pour l’instant, je suis vraiment “à la ramasse”, je fais beaucoup d’endurance lente, autour de 4’50/km maximum, pas plus rapide. Les jambes commencent à redevenir un peu plus légères, donc je sens que je suis sur la bonne voie, mais il faut être patiente. »

J’ai cette sensation de ne plus pouvoir m’amuser avec les autres, à cause d’un corps qui ne suit plus… »

Ressentez-vous un manque par rapport à la compétition et aux autres athlètes?

« Oui, beaucoup. Ce qui m’a marquée récemment, c’est l’amélioration du chrono de ma grande amie Valentine Mathy lors des championnats de Belgique sur semi-marathon. Je suis super contente pour elle. Mais en même temps, c’est difficile de regarder ça sans pouvoir participer. J’ai cette sensation de ne plus pouvoir m’amuser avec les autres, simplement parce que mon corps ne suit pas. »

Quel regard portez-vous sur le niveau féminin actuel, notamment en Belgique?

« Le niveau est devenu très élevé. Aujourd’hui, faire 1h09 sur semi, ce n’est même plus suffisant pour être bien classée en Belgique. Et sous les 32 minutes sur 10 km, ça devient presque la norme chez les femmes. Le haut niveau devient de plus en plus inaccessible, il faut énormément de temps et d’investissement. Mais c’est également ça qui fait la beauté de ce sport, surtout en Belgique. »

En avril dernier, Roxane Cleppe (ici aux côtés d’Arnaud Dely et de Clément Deflandre) avait pris part aux European Running Championships à Leuven, sur 10 km.

Avez-vous une date en tête por un retour?

« Honnêtement, non. Et c’est ça qui est le plus dur : je n’ai pas de vraie perspective de reprise. J’aimerais m’aligner sur la Coupe d’Europe du 10.000 mètres fin mai en Italie, dont j’ai déjà les minima, mais tant que je ne peux pas m’entraîner un mois complet sans douleur, je ne prendrai pas le départ. »

Pour finir, quel est votre état d’esprit actuel?

« J’essaie d’accepter la situation et de prendre le temps. Ce n’est pas facile, mais je sais que brûler les étapes ne ferait que repousser encore plus le retour. Aujourd’hui, les mots d’ordre sont patience et optimisme. »

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Basile Claus

Passionné d’athlétisme et athlète demi-fond à l’USBW, Basile Claus contribue au projet Belgium Running qui le motive autant qu'il le passionne tout en suivant ses études en communication.