Salomon S/LAB Pulsar 4 : le juste milieu de la gamme, enfin trouvé ?

Chez Salomon, le nom S/LAB claque comme une promesse : celle du matériel pensé avec les athlètes de haut niveau, testé dans les Alpes autour d’Annecy et porté sur les plus grandes courses du Golden Trail World Series. La gamme Pulsar a repris le flambeau des mythiques S/LAB Sense, ces chaussures de vitesse pure. Mais au fil des versions, la Pulsar a longtemps hésité sur son identité.

La Pulsar 2 était une lame : ultralégère, minimaliste, redoutablement rapide, mais peu structurée et clairement plus à l’aise sur route ou sur terrains secs et roulants que dans le technique humide. La Pulsar 3 a corrigé le tir en gagnant en accroche et en rigueur, au point de devenir parfois trop typée, trop radicale pour une grande partie des coureurs. Avec cette S/LAB Pulsar 4, Salomon assume un virage : plus de gomme, plus de mousse, un vrai châssis, et l’ambition de parler à un public plus large sans trahir l’ADN compétition. Le résultat, c’est une chaussure qui trouve enfin son point d’équilibre.

S/LAB Pulsar 4 – Belgium Running

Fiche technique

CaractéristiqueSalomon S/LAB Pulsar 4
Poids≈ 250 g (test / taille standard) – 255 g en 42
Stack (talon / avant-pied)34 mm / 28 mm
Drop6 mm
MousseDouble densité : optiFOAM+ (PEBA/EVA) + optiFOAM (EVA)
PlaqueAucune (parti pris assumé)
TigeMatryx® (fibres d’aramide / Kevlar®), col retravaillé
LaçagequickLACE™ + lace garage
ProtectionProfeel Film (filtre pierres et racines)
SemelleContaGrip All Purpose, crampons 3,5 mm
Usage conseilléTrail technique court à moyen (10–50 km)
Prix public220 €

Ce qui change vraiment sous le pied

La mousse, cœur de la révolution. Salomon abandonne la construction sèche des versions précédentes pour une semelle intermédiaire à double densité. Sous le pied, une couche d’optiFOAM+, un mélange PEBA/EVA dynamique qui apporte le rebond et le confort immédiat. En dessous, une couche d’optiFOAM plus dense en EVA, qui assure la stabilité et le contrôle dans le technique. Salomon annonce une semelle 6 % plus résiliente que sur la Pulsar 3.

Un stack et un drop revus à la hausse. On passe de 29/23 mm sur la Pulsar 3 à 34/28 mm sur la 4, avec un drop qui reste à 6 mm. Concrètement, cela signifie davantage d’amorti et de protection pour les efforts plus longs, sans la sensation de tanguer. Attention toutefois : les puristes de la Pulsar 1, avec ses 26/20 mm et ses 184 g, retrouveront une chaussure vraiment différente. Ce n’est plus une lame ras-du-sol, c’est une racer polyvalente.

Pas de plaque carbone, et c’est voulu. Là où la mode est à la plaque rigide, Salomon fait le choix inverse. Sur terrain irrégulier, la mousse seule est jugée plus efficace et moins traumatisante, offrant un placement de pied plus naturel et une géométrie plate sans rocker exagéré. Un parti pris cohérent avec l’usage visé.

S/LAB Pulsar 4 – Belgium Running

La tige et l’accroche

La tige reste fidèle à la philosophie S/LAB : un tissu Matryx® tissé de fibres d’aramide, léger, respirant et quasi indéchirable, associé au laçage quickLACE et à son garage à lacets. Le col a été retravaillé pour plus de confort autour de la cheville, avec un ajustement un peu plus tolérant qu’avant. Le chaussant reste néanmoins étroit, dans la tradition Salomon : les pieds larges devront essayer avant d’acheter.

Côté semelle, la ContaGrip All Purpose et ses crampons de 3,5 mm offrent une accroche fiable sur une large palette de surfaces, avec 33 % de surface de contact en plus par rapport à la version précédente. Les crampons sont assez espacés pour limiter l’accumulation de boue, mais restent raisonnables : dans la gadoue épaisse, une chaussure à crampons plus profonds fera mieux. Sur rochers, sentiers roulants et terrains techniques secs à humides, l’ensemble est cohérent et précis.

S/LAB Pulsar 4 – Belgium Running

Retour terrain

Après plusieurs sorties variées — relances, montées sèches, descentes techniques et sorties plus longues — la Pulsar 4 confirme ce que laissait espérer la fiche technique : c’est le meilleur compromis de la gamme. Là où la 2 manquait de structure et se sentait plus à l’aise sur du sec et du roulant, et où la 3 versait dans l’accroche marquée et la rigidité, la 4 fait la synthèse.

En montée, la chaussure brille. La légèreté, le maintien et la réactivité de la double mousse donnent une sensation de relance immédiate, sans le poids qui plombe certaines racers plus généreuses. Le crampon de 3,5 mm mord juste ce qu’il faut sans jamais gêner la vitesse.

En descente, bonne surprise : l’amorti supplémentaire absorbe les chocs sans que la chaussure ne devienne instable. Le châssis latéral et la géométrie plate permettent un placement de pied chirurgical sur les appuis, exactement ce qu’on attend d’une S/LAB dans le technique. On sait où l’on pose le pied.

Sur la durée, le compromis amorti/dynamisme fonctionne : la Pulsar 4 encaisse des efforts plus longs que ses aînées, tout en gardant du répondant. C’est là toute la réussite de cette version — elle élargit le champ d’action sans se diluer.

Le seul vrai bémol reste le chaussant étroit et le laçage, qui demandent un temps d’adaptation, surtout pour les pieds volumineux. La respirabilité de la tige, un peu moins généreuse que sur la 3, se fait aussi sentir par forte chaleur.

À qui s’adresse-t-elle ?

La S/LAB Pulsar 4 vise clairement les coureurs expérimentés à la foulée dynamique, sur des formats courts à moyens, typiquement entre 10 et 50 km sur terrain technique. Salomon la positionne comme une racer à sortir 2 à 3 fois par semaine plutôt que comme un grinder quotidien — l’esprit « super shoe » du trail. Pour les longues distances plus roulantes ou un amorti plus moelleux, l’Ultra Glide ou la Genesis restent des alternatives plus adaptées.

  • Pour vous si : vous cherchez une chaussure de compétition rapide, précise et polyvalente, avec un vrai amorti pour des efforts un peu plus longs.
  • Passez votre chemin si : vous avez le pied large, courez surtout dans la boue profonde, ou cherchez un modèle d’entraînement quotidien à petit prix.

Le mot de la fin

À 220 €, la S/LAB Pulsar 4 n’est pas donnée, et elle ne cherche pas à l’être. Mais elle règle enfin le dilemme identitaire de la gamme : ni trop minimaliste comme la 2, ni trop radicale comme la 3. Crampons idéalement calibrés, amorti abouti, maintien précis — c’est le juste milieu que beaucoup de traileurs attendaient. Pour qui veut aller vite et proprement sur des sentiers techniques, sans sacrifier le confort sur la distance, la Pulsar 4 est un excellent choix. Une belle option à considérer pour attaquer un maratrail technique en Belgique comme les classiques des Ardennes, ou viser un objectif à l’étranger sur les formats courts du circuit international.

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Simon Fusillier

Passionné de technologies et de course à pied, je travaille avec Belgium Running sur le terrain, en vidéo comme à l’écrit. J’aime découvrir, tester et analyser le matériel running, tout en racontant l’actualité du sport. Trailer, je passe beaucoup de temps sur les sentiers et j’adore être en montagne, mon terrain de jeu favori.