Ismael Debjani a bouclé son premier semi-marathon ce dimanche à Séville.

Ismael Debjani à la découverte des 20 Km: « En Belgique, une victoire à Bruxelles est plus importante qu’une demi-finale aux Jeux »

A bientôt 36 ans, l’ancien recordman de Belgique du 1.500 mètres aligne encore des semaines entre 130 et 150 kilomètres. Le Carolo a hâte d’être dimanche à Bruxelles.

Ismael Debjani a bouclé son premier semi-marathon ce dimanche à Séville.
Ismael Debjani, après son premier semi-marathon en début d’année à Séville.

En 2024, Ismael Debjani, l’une des personnalités les plus sympathiques de l’athlétisme belge, mettait un terme à sa carrière sur piste. Quinze ans à gratter le tartan derrière lui, des titres nationaux, de grandes compétions internationales, un prestigieux record de Belgique sur 1.500 mètres ayant tenu de 2017 à 2024… : devoir bien accompli !

« La grande majorité n’a pas une culture athlétique suffisante pour se rendre compte de ce que représente un 3’33 sur 1500. Ils pensent que courir à 3’10 au kilo est mieux.« 

Ismael Debjani

Heureusement, l’athlète du CABW n’a pas jeté toutes ses godasses de sport lors de son retrait. Il utilise encore pas mal celles destinées à la route, à raison de 130 à 150 kilomètres par semaine. Début d’année, il a sorti ses deux premiers chronos sur semi (1h05.03 à Séville, 1h05.02 à Charleroi). Et dimanche, pour la première fois de sa carrière, il débarque sur les 20 Km de Bruxelles, deux semaines après une pige pour son cercle lors des interclubs (8’36 sur 3.000 mètres, « en se baladant »).

« Ce ne sera pas à moi à faire le tempo »

« En Belgique, je pense vraiment qu’une victoire sur les 20 Km de Bruxelles est plus importante qu’une demi-finale aux Jeux », dit-il quand on l’interroge sur le pourquoi de sa participation. « En tout cas, la grande majorité n’a pas une culture athlétique suffisante pour se rendre compte de ce que représente un 3’33 sur 1.500. Ils pensent que courir à 3’10 au kilo est mieux. Du coup, les gens apprécient tant les 20 km qu’il aurait été dommage de ne pas venir au moins une fois. C’était donc sur ma « to do list ». Et comme il ne me reste pas beaucoup d’années avec cette forme que je tiens toujours, il fallait en profiter maintenant. D’autant plus que mon emploi devient de plus en plus lourd (responsable des évènements running sur Charleroi + mi-temps au Centre hospitalier neurologique William Lennox), je vais sans doute devoir commencer à lever le pied… »

« J’ai dit à ma maman que les 20 Km de Bruxelles serait ma dernière course, elle ne m’a pas cru »

Comment voit-il la course, dimanche ? « Je dois d’abord dire que j’ai hâte. J’ai bien préparé cela, je suis bien, mais je ne sais vraiment pas dire ce que cela va donner. Podium ? Top 5 ? Top 10 ?… On verra. Je n’ai jamais couru sur des tronçons de ce parcours, mais je me suis déjà repassé la vidéo de la course de l’an passé 3 ou 4 fois. Tout ce que je sais, c’est que je dois suivre. Ce n’est clairement pas à moi de mettre un tempo… »

Et après Bruxelles ? « On verra avec le résultat », répond-il. « J’ai dit à ma maman il n’y a pas longtemps que les 20 kilomètres serait ma dernière course : elle ne m’a pas cru. Je participerai au National du 10 kilomètres sur route cet été en tout cas. Après, on verra, je le répète… »

Eric Verschueren
Eric Verschueren

Eric Verschueren est journaliste expérimenté et coureur de trail. Passionné par le trail et l’ultra-trail, il met son expertise et sa pratique au service d’un traitement rigoureux de l’actualité running pour Belgium Running.