Après la confusion entre l’arche d’arrivée et le point officiel de chronométrage lors des Championnats de Belgique de semi-marathon à Gand, l’organisateur Bert Mislon revient sur les circonstances qui ont mené à cette situation.

Les chronos réalisés lors des Championnats de Belgique de semi-marathon dimanche à Gand ont alimenté les discussions toute la semaine. Si Bashir Abdi y a battu son record de Belgique (59’28) et que tous les athlètes masculins et féminins du top 10 ont signé un record personnel, c’est surtout la position inhabituelle de la ligne d’arrivée qui a surpris. L’arche visible ne correspondait en effet pas au point officiel de chronométrage.
Les chronos ont depuis été homologués et figurent désormais sur le site de World Athletics.
Pour comprendre ce qui s’est réellement passé, nous avons contacté l’organisation.
Bert Misplon, vous êtes à la tête de l’organisation de la Bashir’s Run. Que s’est-il passé dimanche pour que l’arche d’arrivée ne soit pas alignée avec la prise du chrono final ?
« Tout d’abord, je comprends tout à fait les réactions. C’est bizarre en effet de voir une ligne d’arrivée qui se situe après la prise du chrono officiel. Si je n’avais pas été là, j’aurais probablement moi-même été aussi surpris. Mais il faut aussi comprendre que cela n’était pas dans nos mains. Cette situation est liée à des informations qui nous sont parvenues un peu plus de 2 heures avant le départ de la course. Il était compliqué de tout changer sur le site d’arrivée. »
Expliquez-nous comment cela s’est passé…
« Il n’appartient pas à l’organisation d’homologuer les parcours. C’est un jury reconnu par les fédérations et qui a l’habitude de faire cela qui s’occupe du mesurage du parcours. Ils sont venus sur notre parcours au début du mois de février. Nous, de notre côté, on souhaitait avoir le départ et la ligne d’arrivée pour toutes les distances au même endroit, sur la piste d’athlétisme. Car c’est plus facile pour l’organisation. Je n’étais pas présent ce jour-là mais je sais que, dans la foulée, cela a pris beaucoup de temps avant d’avoir un retour. La semaine dernière, la personne responsable du chrono m’a signalé que, au vu des parcours homologués pour les 5 et 10 km, il y avait sans doute un souci pour le semi-marathon. J’ai transféré cette information au jury pour demander une vérification. Je n’ai eu un premier retour que samedi, à la veille de la course. Et dimanche matin, j’ai reçu un message du jury pour me signaler qu’ils allaient mettre le chrono officiel à l’entrée du stade. Il était 7 heures du matin et la course débutait à 9h30… »
« Comme organisateur, on ne voulait surtout pas une situation comme celle-là. On veut quelque chose d’officiel et de clair pour les athlètes, qui ont toujours été au centre sur la Bashir’s Run.
Comment avez-vous réagi ?
« Franchement, je ne savais pas quoi faire. Fallait-il bouger l’arche d’arrivée et toutes nos installations techniques ? Faire une communication à tous les athlètes ? En fait, il était trop tard pour tout cela. On a choisi de laisser la ligne d’arrivée où elle était et, donc, de prendre les chrono à l’entrée du stade. Même Bashir (Abdi) n’était pas au courant. Oui, c’est une situation étrange mais je n’ai pas eu le choix. Après coup, je n’ai pas de regret car je ne vois pas comment nous aurions pu faire autrement. »
Cela a généré beaucoup de discussions après la course, d’autant que beaucoup ont réalisé leur meilleur chrono sur la distance !
« Comme organisateur, on ne voulait surtout pas une situation comme celle-là. On veut quelque chose d’officiel et de clair pour les athlètes, qui ont toujours été au centre sur la Bashir’s Run. Moi aussi je me suis demandé comment il était possible d’arriver à une situation pareille. »
« Ceux qui étaient là dimanche savent que les conditions étaient parfaites pour battre un record. Aucune course en Belgique ne fait autant pour mettre les athlètes dans de bonnes conditions. »
Quid de la densité de résultats dès lors?
« Ceux qui étaient là dimanche savent que les conditions étaient parfaites. Il n’y avait pas de vent, c’était la température parfaite, et nous avions mis d’excellents lièvres dans la course, qui ont fait leur job. Aucune course en Belgique ne fait autant pour mettre les athlètes dans de bonnes conditions. J’étais sur un vélo cargo en tête de course et, même si ce n’est qu’un indicateur, ma montre indiquait les allures correspondant au record de Bashir. Pour moi, les résultats sont cohérents. Beaucoup d’athlètes m’ont aussi dit qu’ils avaient senti en course qu’il était en train de faire la meilleure course de la vie. Mais de l’extérieur, une nouvelle fois, je peux comprendre que beaucoup se demandent pourquoi autant de monde a battu son record. Mais chaque année, ici, beaucoup battent leur record. Ce fut également le cas sur les 5 et 10 km, également homologués. Et si quelqu’un a encore un doute, il peut évidemment venir mesurer le parcours. Moi je n’ai aucun doute. »




