Vous avez déjà essayé de penser positif en pleine défaillance physique et ce, sans aucun résultat ? C’est normal! Votre cerveau est câblé pour ignorer l’optimisme quand la survie est en jeu.
Pierre Petruzzelli, préparateur mental, nous explique pour Belgium Running comment contourner ce blocage.

Imaginez la scène. Vous êtes au 30e kilomètre. Vos jambes sont lourdes, le souffle est court. Une petite voix intérieure vous suggère : « Allez, pense positif ! Dis-toi que tu es un champion ! »
Vous essayez. Mais rien ne se passe. Pire, vous avez l’impression de vous mentir. Le découragement gagne du terrain.
« Ce n’est pas un manque de volonté », rassure d’emblée Pierre Petruzzelli, préparateur mental. « C’est une réaction biologique normale. Quand vous êtes dans le dur, vous n’essayez pas de convaincre votre esprit, vous vous battez contre votre propre système de survie. »
La guerre des trois cerveaux
Pour comprendre, il faut soulever le capot. En situation de stress intense (effort, froid, douleur), c’est votre cerveau reptilien (le siège de la survie) qui prend les commandes. Son message est simple : « Alerte rouge, on arrête tout. »
À cet instant, votre néocortex (la partie rationnelle qui essaie de penser positif) est littéralement coupé du circuit. « Essayer de raisonner un cerveau reptilien paniqué avec des phrases positives, c’est comme essayer d’éteindre un incendie avec un pistolet à eau », image l’expert. « Le cerveau primitif ne comprend pas les mots. Il ne comprend que les signaux du corps. »
La solution : parler le langage du corps
Pour reprendre le contrôle, il faut donc inverser la vapeur : calmer le corps pour apaiser l’esprit. Voici le protocole en trois temps préconisé par le spécialiste pour « pirater » ce système de sécurité.
1. Sécuriser (La Respiration): Le cerveau reptilien scanne votre respiration. Si elle est saccadée, il maintient l’alerte. « Forcez une expiration longue », conseille Pierre. « En ralentissant le souffle, vous envoyez le signal ‘Tout va bien’ à votre système nerveux’. »
2. Redresser (La Posture): La fatigue nous fait nous voûter, une posture de soumission que le cerveau associe à la défaite. « Redressez-vous, ouvrez la cage thoracique, levez le menton. Vous changez instantanément votre chimie interne : le cortisol (stress) baisse, la confiance remonte. »
3. Diriger (Le Mental): C’est seulement maintenant, une fois le corps calmé, que la pensée positive peut fonctionner. « La voie est libre. Vous pouvez alors placer votre mantra ou votre stratégie de course. Votre cerveau l’acceptera comme une vérité, plus comme un mensonge. »
En résumé ? Ne cherchez pas à penser fort avant d’être calme. Respirez, redressez-vous, et ensuite seulement, avancez.
L’astuce à tester à l’entraînement
La prochaine fois que vous sentez le « coup de mou » arriver :
- Stop : Ne forcez pas mentalement.
- 3-3-3 : Inspirez sur 3 secondes, expirez sur 3 secondes, pendant 3 cycles.
- Posture : Imaginez un fil qui vous tire le sommet du crâne vers le ciel.
- Action : Relancez votre foulée.
- Plus d’infos > https://pierrepetruzzelli.com/












