La saison des trails nocturnes s’ouvre ce vendredi 30 octobre 2026 à Namur, avec le Trail des Lumeçons. Pour aborder ces courses dans de bonnes conditions, le coach namurois Renan Gossiaux livre cinq conseils à ne pas négliger.

lance traditionnellement la saison des trails nocturnes. (© Vincent Lorent)
Coureur depuis son plus jeune âge et aujourd’hui préparateur physique, Renan Gossiaux connaît bien les exigences du trail. Diplômé en éducation physique à l’UCLouvain, ce Namurois a notamment terminé premier Belge de l’UTMB en 2023. Il dirige aujourd’hui le Team Run & Rolls, une équipe d’une trentaine d’athlètes sur route et en trail. Il est aussi le compagnon et l’entraîneur depuis trois ans d’Hélène Dassy, vainqueuse de l’Ultra Tour du Beaufortain en 2024 et de l’X-Alpine de Verbier en juillet 2026. Habituée aux ultras qui s’étendent parfois sur une à deux nuits, elle a acquis une solide expérience de la course nocturne.
Pour mieux appréhender cet exercice et alors que la saison des trails nocturnes s’ouvrent avec le toujours populaire et festif Trail des Lumeçons ce vendredi 30 octobre au départ du Hall sportif de La Plante à Namur, son entraîneur livre cinq conseils clés.
1. Voir et être vu
« Être vu et, surtout, voir » : une nécessité que Renan Gossiaux invite à ne surtout pas négliger. « C’est à cause de cela qu’il y a beaucoup d’entorses de cheville, les organisateurs peuvent vous le dire. Ce sont des trails beaucoup plus sollicitants pour les articulations, car la visibilité est nulle, voire très faible. »
Selon l’entraîneur, une lampe de poitrine n’est pas adaptée. « Ce sont les lampes frontales qui sont les plus intéressantes, parce que c’est la tête qui dirige le corps quand on cherche son chemin. »
Pour bien voir, la puissance de l’éclairage compte également : « entre 350 et 400 lumens minimum », conseille-t-il.
Enfin, pour être vu, mieux vaut porter des vêtements réfléchissants, notamment lorsqu’on traverse une route.
2. La technique de course : augmenter la cadence
Dans ce deuxième volet, plutôt biomécanique, l’expert insiste sur l’importance d’adapter sa foulée aux conditions de visibilité. « Dans le noir, on voit moins, donc on raccourcit sa foulée et on augmente sa cadence pour éviter les entorses. Les racines, il faudra les éviter. Il faut vraiment augmenter sa cadence de pas, en montée comme en descente, pour éviter les blessures. »
L’objectif est donc de privilégier des foulées plus courtes et des appuis plus fréquents afin de mieux maîtriser ses mouvements sur un terrain où les obstacles sont moins visibles.
3. Le matériel adapté
Bien s’équiper est également essentiel, que ce soit pour les vêtements ou pour les chaussures. « La chaussure dépend du terrain », rappelle Renan Gossiaux. « Pour le moment, il fait relativement sec, donc ce n’est pas trop grave de ne pas avoir des crampons de plus de 4 millimètres. Mais il y a eu des hivers où il fallait vraiment de l’accroche, donc des crampons au-dessus de 4,5 millimètres. Cette année, si cela reste ainsi, les crampons ne seront donc pas forcément dominants : c’est plutôt la stabilité et la rigidité de la chaussure qui comptent. »
Côté vêtements, le coach rappelle la règle des trois couches : une couche respirante, une couche isolante et une couche coupe-vent ou imperméable. « Le problème, c’est que les gens mettent souvent des couches pas du tout respirantes. La transpiration n’est pas évacuée mais stockée, et il y a donc un risque d’hyperthermie parce qu’ils se couvrent trop. Mieux vaut avoir un peu froid à l’échauffement, car pendant l’effort intense, on aura beaucoup plus chaud. »

4. L’alimentation et l’hydratation
Le quatrième point concerne l’alimentation et l’hydratation, deux aspects à ne pas négliger pendant l’effort en fonction de la durée prévue de l’effort. « Si on n’apporte pas de carburant à son moteur, il y a un moment où le corps lâche, et quand il lâche, c’est fini : dans les montées, on n’a plus de jus, et dans les descentes, on n’a plus de lucidité. »
Pour éviter d’en arriver là, l’entraîneur conseille de boire régulièrement, par petites gorgées, toutes les 15 à 20 minutes. « Une boisson isotonique, comme ça on n’a pas à mâcher, ou une boisson sucrée avec un peu de sels minéraux pour la transpiration. »
5. La préparation : ne pas s’entraîner en pleine nuit
Enfin, un trail nocturne se prépare aussi en amont, sans pour autant sacrifier son sommeil. « Si on va courir à deux heures du matin parce qu’on court dans un mois à deux heures du matin, le corps se fatigue et l’horloge biologique est perturbée. Par contre, courir le matin dans le noir, à cinq ou six heures peut être bénéfique. »
La clé reste avant tout l’écoute de ses sensations. « La nuit, elles sont différentes de celles d’un trail normal, donc il faut s’adapter sans forcément regarder sa montre et ses allures, mais plutôt sa perception de l’effort. C’est le charme de l’exercice. »
Au-delà de la préparation et du matériel, le plaisir reste donc le maître-mot pour réussir sa course.




