Douleur, pensées limitantes, imprévus… Vouloir tout contrôler peut alimenter la tension. Le préparateur mental Pierre Petruzzelli nous explique comment le lâcher-prise peut aider à mieux gérer ces situations pendant l’effort.

toute son énergie vers son prochain mouvement. (© Illustration générée par IA)
Imaginez la scène. Vous êtes en pleine compétition ou face à un défi majeur. Soudain, un imprévu survient : une douleur se réveille, ou une pensée limitante tourne en boucle. Votre premier réflexe est de vouloir « combattre » cette sensation, d’aller plus fort dans l’effort ou d’appliquer une pensée positive.

Dans cette rubrique conseils, Pierre Petruzzelli, préparateur mental, nous explique comment réagir face à cet imprévu.
« En te battant, tu nourris le blocage et tu ne résous rien. Le vrai lâcher-prise n’est pas un abandon ni de la résignation. C’est l’art de cesser de gaspiller son énergie dans une guerre intérieure pour la rediriger vers une acceptation et le changement. »
Pour comprendre, il faut observer notre système nerveux, précise-t-il encore. Vouloir tout contrôler en permanence, c’est l’équivalent de courir un ultra-trail chaque jour de sa vie. Face à une situation perçue comme menaçante, l’organisme peut déclencher une réponse de stress, avec notamment une libération de cortisol.
« Ce à quoi tu résistes va persister », rappelle le préparateur mental, qui accompagne de nombreux coureurs. « En cherchant à combattre l’inconfort, vous entretenez au contraire la tension et l’état d’alerte. À l’inverse, observer attentivement ce qui se passe en soi permet de prendre du recul. Une émotion n’est jamais permanente : vous avez pu être très heureux à la naissance de votre enfant, mais cette même émotion vous a-t-elle accompagné lorsqu’il s’est réveillé à 3 heures du matin ? »
Le protocole en 7 étapes pour apprendre à lâcher prise
Pour ne plus subir ces situations et mieux les gérer pendant la course, Pierre Petruzzelli propose une méthode mentale en 7 étapes :
1. L’observation : Arrêtez d’analyser. Scannez votre corps et observez la sensation (mâchoire serrée, boule au ventre) sans la juger. C’est juste une information.
2. L’accueil : Donnez à l’émotion le droit d’exister. C’est en la validant qu’elle commence à perdre son emprise.
3. La désidentification : Ne dites plus « j’ai mal », mais « il y a une crispation ». Cette nuance linguistique crée une distance de sécurité.
4. Briser la boucle : Refusez de laisser une peur liée au passé dicter votre état présent. Imposez un « stop » intérieur.
5. Le reset physiologique : Utilisez une respiration profonde (3 secondes d’inspiration, 3 d’expiration) pour pour favoriser un retour au calme et retrouver de la lucidité.
.6. L’intention : Connectez-vous à votre objectif. Demandez-vous : « Comment la meilleure version de moi-même réagirait-elle maintenant ? ».
7. L’action : Le mouvement valide le changement. Posez un seul acte concret en direction de votre objectif avec cette nouvelle sérénité.
En résumé, ne subissez plus votre dialogue intérieur. Pilotez-le.
Acceptez de ne pas maîtriser l’imprévu pour rediriger toute votre énergie vers la seule chose qui compte : l’exécution de votre prochain mouvement.




